Premier séjour & Le Lys ou la Tourmente extraits
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Notes de lecture

...Le Lys ou la Tourmente, ... une sorte de prosopopée, chant d'adieu d'un jeune homme un autre jeune homme dont on sent bien qu'il tint dans la vie du "chanteur-pleureur" une place transformée en gouffre par la mort. "De ton visage absent /Je m'absente à mon tour /Car tel est le jeu /Qui nous confie la mort / Et nous parle d'amour"
Dominique Daguet, préface parole calcinée.

...Le Lys ou la Tourmente, je l'ai lié à ce grand nuage de Magellan véridique où un blond soleil s'enveloppe dans un massif de nuit vivante. (...)"
René Char

"Ces poèmes - dont ceux du Lys ou la Tourmente évoquent la mort tragique d'un frère aimé - tracent une belle courbe qui va du coeur aux lèvres, et du bonheur aux larmes. La femme y affirme une présence forte et féconde."
Dominique Daguet



dessins de Jean-Christophe SCHMITT
extraits de son recuei
l














 

 

 

 


 







 







[Extraits
]

Que le soleil désormais
tienne seul dans la main
l'espace que ta nuit accomplit

Que de toutes fleurs désormais
tu te nommes
lys iris rose
de toutes forces tu les pares

Que par tous les vents
et sous tous les soleils
tu libères ta route
jusqu'au berceau premier

Et que sève et rosée te maquillent
de leur encre légère.


Le lys ou la tourmente, p. 17.

***

Soleil, tambour des vents
Chassé le sang
Chassées les éternités de sel
Sortie du chaos premier
La foudre peu à peu
S'assombrit
Et ses feux d'un reste de cendres
Ensemencent la nuit...
O parenté des ombres
Quand l'herbe nous tutoie !


Le lys ou la tourmente, p. 18.

***

La nuit gagne la source vive
des étoiles où l'eau scintille

Et toi, quand l'herbe brille
que tes yeux restent ouverts

Car, dans ce jardin
l'iris est gardien des rosées matinales

Le lys
épie la lune
et marche sur les eaux.


Le lys ou la tourmente, p. 19.


***

U
n visage,
lorsqu'il prend texture de vent et
perd ainsi son modelé de jeune ou vieux sarment,
atteint à la cruauté de toute vie séparée. Dès lors,
l'espace imaginaire qui va de l'amour à la mort, en
négligeant la nudité, n'est plus que le sourire plombé
de la nuit, la lune écartelée. Mais que cherchons-nous
dans le champ des étoiles ? Cet autre sourire, jeune
comète qui, dans sa lumière de blé mûr, contient
tous les âges du monde : source de vent et feu discret,
secret comme fumée, où des mains aux lèvres, tremble
l'éternité...


Premier séjour, p.42

***

Lacet du songe
Auvent du geste devant lumière qui frémit .

Jeune encore, cette éminence vierge
Sous le pointeau de nos regards
Dans l'absolue béance des coeurs pacifiés

Jeune ouverte en signe de créance
Mais déjà pétrifiée en ligne d'échéance
Dans le présent errant des coeurs sacrifiés

Lacet du songe auvent du geste
Lumière pour toujours
A jamais étranglée...

... Qui frémit


Premier séjour, p.52

Jean-Christophe SCHMITT, Premier Séjour & Le Lys ou la Tourmente, Cahiers bleus, Librairie bleue, Parvis des alliances 1985.