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Notes
de lecture
L'ourisse, est-il précisé en exergue de ce livre, est un vent court mais
violent sévissant avant l'orage.
L'auteur dès l'abord, se réfère donc aux éléments et ses textes se veulent
essentiellement axés sur la proximité des choses, sur leur couleur, leur
odeur, leur vérité première "Le tilleul tourne autour du soleil / comme
un doigt pointé qui désigne l'horloge".
Sa poésie démonte les rouages d'une existence ordinaire afin d'en tirer
des images qui se font et se défont au rythme des jours, comme autant
de miroirs aux reflets changeants "Ce village n'a pas d'importance
/ c'est pour cela qu'il pèse tant".
Le lecteur demeure fasciné par ce travail d'un poète discret entre tous
qui sacralise l'ordinaire en des textes sensibles d'une tranquille beauté.
Par petites touches, il donne à sa poésie la couleur des saisons et des
années qui passent et parvient à nous émouvoir grâce à une économie de
moyens évidente, qui fait tout le prix de cette poésie.
Jean Chatard, Mensuel littéraire et poétique.
Antoine Carrot offre avec l'Ourisse, villages, deux suites de poèmes traversés
par la campagne, la nature mais aussi une série d'interrogations qu'il
ne formule pas tant il semble avoir trouvé réponse. Il nous parle de choses
simples : un banc, une fontaine et de "grandes questions vitales /
versent des flots d'impatience sur le profil des heures". On se sent
proche de lui tant les mots qu'il assemble s'ouvrent sur des sentiments
et des impressions qu'on aimerait partager.
Lucien Wasselin, Rétroviseur.
L'auteur évoque "le silence des chemins creux / qui atténue l'angoisse
de l'homme". Sa sagesse est contemplative, un peu désabusée. Il ne
dédaigne pas souligner l'évidence que l'homme essaie de contourner sinon
de réfuter. Il sait que les "villes trompent la faim" mais sur
la page, il connaît "la rigueur des virgules" et "le trapèze
des mots". Il se dégage de ce recueil une philosophie du temps accepté
comme il est, uni, sans heurts, les contradictions mêmes étant sources
d'espoir.
Jacques Simonomis, Le Cri d'Os.
Poésie d'ombre et de lumière, attentive aux saisons, à la fragilité des
hommes, elle est aussi celle de l'interrogation perpétuelle : "peut-on
savoir si l'essentiel n'est pas dans l'éphémère".
Michel
Baglin, Dépêche du midi.
Si on peut situer dans le pays vellave ce village unique et pluriel que
visite parfois l'ourisse "un vent court mais violent avant l'orage",
le lecteur doit vite renoncer à chercher des pancartes qui en indiqueraient
le nom. Car ce village est le nôtre "avec les mystères des passantes
lentes / qui montent doucement le long du soir" ou "le filet d'une
espérance qui s'infiltre entre les pierres du bruit". Ce village est
chacun d'entre nous, avec ses questions, ses lassitudes, ses joyeuses
séquences aussi.
Antoine Carrot, à la fin de l'été, a pris le bâton de vagabondage qui
était posé devant sa porte et s'est éloigné là-bas où l'ailleurs commence.
Mais sa voix, à l'égal du vent, nous offre pour longtemps "des douzaines
de cantilènes / soigneusement découpées dans les albums de vie".
Marie-Ange
Sebasti, Laudes.
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