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Notes
de lecture
Nocturne pourrait être une méditation que l'on mène au terme d'une vie
quand on contemple le temps écoulé et qu'affleure l'interrogation existentielle
: qu'est qu'une vie ? ...
La poésie d'Antoine Carrot se situe dans cette interrogation paradoxale,
à ce carrefour crépusculaire entre l'acceptation : "Il y a des
escaliers Sans conviction par habitude Pour s'éloigner de la mer Pour
prendre une autre dimension Voulue presque humaine VERTICALE et le refus
: Sous le sel des victoires germent nos parenthèses ou : Je me tiens sur
la distance".
Anne-Lise
Blanchard, extrait de la préface.
Attentif à toutes les propositions de la nature apportées
par le vent et le sel, le soleil et les saisons, le jour et la nuit, Antoine
Carrot a toujours médité sur les réponses que tentent
de donner les hommes. Et ces réponses ne sont que de nouvelles
propositions : villages, horloges, moissons, jardins... Mais d'autres
travaux et d'autres lieux se présentent à celui qui affronte,
dans le silence, les questions nocturnes : " l'attente crépusculaire
ouvre un verger / Dont les fruits ne sont pas connus d'avance". En
découvrant cet enclos, en goûtant ses fruits, n'entendait-il
pas, mêlée à cette voix inquiète, celle de
Rainer Maria Rilke s'exclamant : ' O verger, ô mon frère
/ Un même vent, nous venant de loin / nous force d'être tendres
et austères? '.
Marie-Ange Sebasti,
Laudes.
La démarche d'Antoine Carrot évoque l'observation d'un paysage, d'un village
pour en extraire la certitude d'un poème. L'expression qu'il utilise,
c'est la fécondation du mot par un éclatement de soleil. Je cite : « il
faudrait protéger le point et la virgule / Établir un équilibre définitif
/ Des projets de bourgeons s'ouvrent / Des acquisitions de rêves prospèrent
/ Et les fourmis montent une longue pente. // D'une somme algébrique où
nos humeurs proposent / Des passions de soleil vains / Pourrait naître
une porte claire / Où nos ombres se détacheraient. // Pourrait naître
aussi un fruit de soie/ Où des brumes déchirées / Crisseraient sous un
pas de neige / Avec un printemps autour des branches. Dés qu'il y interrogation,
le doute surgit : « Je t'interroge / Des tromperies de miroir me répondent.
// Une envie de neige ou de chien / Foetus d'un sommeil protecteur / Oubli
de soi-même éparpillé / Sur les étincelles d'un feu comme un sursis. (...)
Je conclus sur ce texte comme j'ai commencé. Le poème institue le réel.
Alain Wexler, Verso.
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