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Notes
de lecture
Il sait sa condition d'homme et sa communion avec les autres, surtout
les plus démunis : "derrière un mur de prières et de nuages, j'écoute
l'immobilité des vivants qui sont morts".
Jean Dauby, Cahiers Froissart.
Le poète est cette "tellurique unité qui se consume au fil des jours".
Il connait sa mission, il a "tout à dire" mais voudrait "un
signe qui ne laisse aucune ombre" pour avoir sa "résonance propre"
et savoir défendre "ce qui fut la vertu de l'homme" en dénonçant
les injustices. Il lui faudrait imiter la patience de l'horloge, la fidélité
du vent, cultiver l'espérance "malgré la pensée qu'il existe des royaumes
de barbarie". Ayant accepté la croix "d'épaisse solitude" dans
sa propre imperfection, il peut s'acheminer sereinement vers l'éternité
car "une flamme s'éteint, mais d'autres flammes renaissent".
Jean Chatard, Cahiers de Littérature et poésie.
Sa poésie célèbre la plénitude des saisons et "la rugueuse impatience
des multitudes" Antoine Carrot a inventé son langage dans la familiarité
des meilleurs poètes de notre époque mais il a su rester fidèle à une
poésie qui renouvelle les tournures originales et reste toujours profondément
elle-même. " La porte peut s'ouvrir / ce n'est pas une raison pour
croire en d'autres choses / la vérité des jours est la muraille close
/ et la dénégation fleurit sur les façades".
Albert Ayguesparse, Marginales.
L'auteur privilégie la signification spirituelle par rapport à la musique
du vers ou à la seule beauté formelle : "Ne cherche plus / les temps
sont désormais comptés / l'ivresse couve au gris des cendres / le dernier
coup d'une heure peut-il nous étonner ?"
Jacques Mazabraud, Friches.
On aime lire une poésie épurée, l'âme jouant le quitte ou double, et qui
se trouve "... à quelque branche une image attend d'être / nos faiblesses
frissonnent / une odeur de cassis ou de fraise mûre / tourne à doigt léger
les horizons de vivre..." Une lecture sereine.
Alex Millon, Regart.
Ce recueil nous invite à partager la fraternité, à échapper à l'orgueil.
La méditation nous accompagne sur des chemins de patience et d'humilité.
"Car le choix existe comme un secours de main / si nous savons retrouver
le sens de l'horizon / si nous savons définir les nuances des sources".
La voix du poète tend vers la lumière en portant témoignage, elle dénonce
les illusions pour mieux féconder la parole de l'être. " Ne cultive
pas le vent il ne donne aucun grain / promets-toi d'accomplir ton silence
/ par la pudeur des mots qui ne sont pas dits ". Pesante est pourtant
la solitude. Mais son épreuve demeure une quête infinie quand le pas s'allie
avec l'espace, le mot avec l'espoir.
Régis Louchaert, Lieux d'être.
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